Dans un système démocratique, la responsabilité devrait être la chose du monde politique la mieux partagée. La responsabilité constitue en effet le symétrique de la représentation. Le mandat, confié par les électeurs dont on est venu solliciter les suffrages, implique une reddition régulière des comptes et une capacité des élus à endosser les choix politiques et les décisions qui sont les leurs.

Or, l’évolution récente du système politique français, depuis l’avènement de la Vème République, a fragilisé l’idée d’une responsabilité politique des élus, aussi bien au niveau national qu’au niveau local. Au niveau national, d’abord, par le processus, pudiquement qualifié de “ rationalisation du parlementarisme ”, qui est parvenu (comme c’était son objet) à paralyser de fait les mécanismes de mise en jeu de la responsabilité gouvernementale. A ce mécanisme juridique voulu par les premiers constituants s’est ajoutée une dérive plus récente, qui a tendu à soumettre le président de la république, déjà irresponsable politiquement, à un régime de totale immunité judiciaire. En clair, aujourd’hui, en France, le maximum de pouvoir ne s’accompagne plus d’un maximum de charge. Concevable dans une monarchie absolue de droit divin, où le roi n’était comptable que devant Dieu seul, l’évolution contemporaine de nos institutions est particulièrement pernicieuse en régime démocratique. Elle n’a d’ailleurs pas manqué d’engendrer une exaspération citoyenne à l’égard de gouvernants, allant parfois jusqu’à un franc rejet du politique, mais aussi, par compensation, un phénomène de judiciarisation des relations publiques. Les juges sont ainsi souvent sommés d’exercer, dans la limite de leurs attributions, un contrôle que le politique se soucie de moins en moins de voir s’exercer par le citoyen de base ou ses représentants.

 

Deux affaires récentes viennent rappeler que ce processus n’est pas limité aux seules instances nationales, mais couvre l’ensemble de la sphère politique, y compris au niveau local.

Je passerai rapidement sur la lamentable histoire du jeune conseiller municipal MPF, pris en flagrant délit d’inculture politique crasse. Ce qui me semble significatif dans cette affaire, c’est moins les faits eux-mêmes, que le discours en défense développé par l’intéressé : “ je ne savais pas, je n’étais pas au courant, je n’ai rien vu et d’ailleurs je suis harcelé par des commentaires dont on se demande d’où ils viennent ” (je synthétise). Voilà quelqu’un qui a une parole publique, qui exerce un mandat publique (je n’ajouterai pas, par charité, “ qui perçoit des indemnités publiques ”) et qui plaide l’innocence absolue, le non contrôle, l’absence totale de maîtrise. Comment est-ce possible ? Comment se désinvestir à ce point de toute responsabilité ? Et surtout comment se fait-il que celui qui est le plus prompt à dénoncer une opposition qu’il dépeint volontiers comme malveillante et paresseuse, et dont il dit qu’elle est plus “ bandit que Robin des Bois ” soit aussi le plus indulgent envers lui-même au point de s’auto-exonérer totalement ? Peut on jouer à la fois le rôle du l’agneau et du loup ? La responsabilité politique est aussi, faut-il le rappeler, l’une des formes sociales de la maturité personnelle.

Beaucoup plus grave est l’exercice d’enfumage rhétorique auquel on assiste à propos de la probable augmentation de la redevance d’assainissement et de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères en passe d’être décidée par l’agglO. Il ne s’agit pas de discuter ici du principe, ni même de l’opportunité d’une telle mesure, alors que élus d’aujourd’hui, candidats d’hier, s’étaient solennellement engagés à ne pas augmenter la fiscalité locale durant la campagne électorale.

Il s’agit de rappeler que cette augmentation engage pleinement les membres de la majorité municipale d’Orléans quand bien même la ville d’Orléans s’en tiendrait à un prudent statu quo fiscal. A l’heure où la fusion des services administratifs entre la ville d’Orléans et l’AgglO s’opère sous un contrôle étroit de la municipalité orléanaise et où l’exécutif intercommunal est largement dominé par des élus issus des bancs de la majorité orléanaise (le président de l’AgglO est adjoint à Orléans, le maire d’Orléans et vice président de l’AgglO), il serait pour le moins malvenu d’arguer d’une totale séparation dans la gestion des affaires fiscales des deux institutions. Surtout, la bonne santé des finances orléanaises doit beaucoup à la prise en charge par l’agglO des projets les plus coûteux qui profitent largement à Orléans, au point que la ville capitale en pilote une bonne part (il en va ainsi notamment de la très, très onéreuse seconde ligne du tram). Quant à la réalité du prélèvement fiscal lui même, il pèse sur les finances de l’ensemble des habitants de l’agglO, à qui seule importe la réduction de leur pouvoir d’achat, quelle que soit la collectivité qui en est le plus directement responsable.

Enfin, et c’est à mes yeux le plus important, il me semble choquant de se défausser de ses actes sur une institution communale politiquement irresponsable. Il convient en effet de rappeler que les élus de l’agglO n’ont pas été désignés par un suffrage universel direct (ce qui aurait, par parenthèse, profondément changé l’équilibre des forces politiques en présence, avec une probable victoire de la gauche, compte tenu du rapport des voix) mais au terme d’un scrutin tenu dans l’enceinte des différents conseils municipaux des communes qui composent l’agglO. Ce qui change tout. Si les élus communaux sont comptables de leurs actions devant les électeurs de leurs communes, devant qui les élus de l’agglO sont ils en effet responsables ? Face à l’absence d’un contrôle politique inexistant en l’état actuel de la législation, la seule instance de surveillance et de sanction est le contrôle de légalité, qui s’exerce dans des bornes très strictes et qui, de fait, est assez rarement mis en œuvre.

C’est pourquoi, si la loi organise, de façon funeste, l’irresponsabilité politique de l’institution intercommunale, il est du devoir des élus de rappeler que les sphères d’action ne sont pas séparées (à preuve la fusion des services) et que les décideurs sont les mêmes à la ville d’Orléans comme à l’agglO. Faute de quoi ils ne feraient qu’alimenter le scepticisme d’une majorité des citoyens envers les vertus de l’action politique. En toute irresponsabilité.

J’ai assisté, aujourd’hui, en compagnie d’une bonne partie du conseil municipal, à la sobre cérémonie du souvenir, organisée comme chaque 11 novembre, au pied du monument aux morts. Nous y avons vu des militaires en uniforme, des anciens combattants couverts de gloire et de décorations, des enfants des écoles, qui ont chanté, avec entrain, tous les couplets de la Marseillaise. Nous avons écouté la fanfare (elle a même joué “La Madelon”) et entendu des discours, car c’est ainsi que la nation se souvient et qu’elle honore ses morts. En ces occasions solennelles, j’ai toujours une pensée émue pour l’arrière grand père, simple soldat “tué à l’ennemi”, le 5 juillet 1916, à Dugny sur Meuse, à 5 km de Verdun, laissant une veuve et trois enfants en bas âge. Autant dire que, sans être une fan des commémos, je suis assez sensible à cette question. D’autant que, même si on n’a pas fait 15 ans d’études d’histoire, l’on conviendra aisément que la grande guerre fut l’infernale matrice des grandes sauvageries européennes du XXè siècle, guerre des Balkans comprise. Bref, alors que le dernier combattant français (né Italien, tout un symbole) est mort et que le temps de l’histoire a succédé à celui du témoignage, il me semblait que ce 90è anniversaire constituait une belle occasion de “faire mémoire” et si possible, “mémoire commune”.

cimetiere de Dugny

De ce point de vue, l’impeccable discours de Jean-Marie Bockel, ministre des anciens combattants, mérite d’être distingué.Lu par le nouveau préfet de région, il évoquait sans pathos inutile, les souffrances des hommes, la joie des survivants, le soulagement des vainqueurs, la détresse des vaincus, et la lente construction d’une Europe enfin pacifiée, enfin réconciliée avec elle-même.

En revanche, le discours du maire d’Orléans m’a mise mal à l’aise, non pas tant à cause du style lourdement compassionnel dont il ne se départit jamais que parce qu’il était totalement hors sujet. Entendons-nous bien: Serge Grouard a entendu rendre hommage à cette grande figure de la résistance et de la déportation que fut Yvette Kohler, décédée cet été. L’intention était louable, et j’aurais parfaitement compris que le discours du maire associât son évocation à celle des combattants de la Grande Guerre. Mais de ceux-ci il ne fut pas question. Mais de ceux-ci il ne fut pas question. Escamotées les tranchées. Oubliée la guerre de position. Passés par pertes et profits les millions de morts de la plus gigantesque boucherie collective méthodiquement planifiée par des généraux incompétents. Certes, le combat de la Résistance mérite d’être honorée. Et l’auteur de ces lignes n’oublie nullement le souvenir atroce des déportés. Mais pourquoi tout mettre sur le même plan? Pourquoi tout mélanger? Pourquoi comparer Yvette Kohler à Jeanne d’Arc? Est-ce moins honorer l’une que de penser qu’elle a peu à voir avec l’autre?

En ces temps de réflexion sur la mémoire, cette illustration me semble significative de la tendance au fusionnel propre à la société contemporaine. La mémoire n’est pas un fourre tout ni un réservoir de belles images. Elle s’éduque et se travaille. Se souvenir relève aussi de l’ascèse, d’une ascèse exigeante qui, par delà les ressemblances superficielles et les émotions communes, doit faire oeuvre de clarification. Pour éviter les délétères phénomènes de concurrence mémorielle (je commémore morts contre tes morts), voire d’inflation mémorielle (on coimmémore tout et n’immorte quoi), il est bon que les commémorations se fassent dans le respect de ce qui est commémoré. En connaissance de cause. Sans à peu près ni polémique.

On leur doit bien ça, ,non, à ces pauvres types qui se sont fait casser la gueule et qui ont sacrifié leur vie ou leur jeunesse alors que eux ne demandaient rien à personne.

“Les morts, les pauvres morts, ont de grandes douleurs,
Et quand octobre souffle, émondeur des vieux arbres,
Son vent mélancolique à l’entour de leurs marbres,
Certes, ils doivent trouver les vivants bien ingrats,
A dormir, comme ils font, chaudement dans leurs draps,
Tandis que, dévorés de noires songeries,
Sans compagnon de lit, sans bonnes causeries,
Vieux squelettes gelés travaillés par le ver,
Ils sentent s’égoutter les neiges de l’hiver
Et le siècle couler, sans qu’amis ni famille
Remplacent les lambeaux qui pendent à leur grille.”

Pour faire (un tout petit peu) contrepoids au publireportage de la République du Centre d’aujourd’hui, qui ne met guère les choses en perspective, et prend pour argent comptant les propos lénifiants échangés sur Orléans durable, voici le communiqué rédigé par le groupe d’opposition municipale socialistes, verts et apparentés. Ce texte n’a guère été repris par la presse jusqu’à présent (en dehors d’une brève citation dans Libéorleans). 

“Orléans accueille aujourd’hui Jean Louis Borloo, ministre de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire, pour une série de rencontres et d’interventions sur le thème de la « ville durable ». Selon le Ministère, la ville durable de demain est « fondée sur la qualité de vie, la proximité et l’efficacité énergétique » et passe par le développement d’une offre de transports urbains écologiques, la réalisation d’éco-quartiers et, plus largement, par une démarche globale à l’échelle des villes.

L’opposition municipale se réjouit de cette déclaration d’intentions et se félicite de voir qu’à l’occasion de cette visite ministérielle, des coups de projecteur seront donnés sur la seconde ligne de tram, ainsi que sur les deux quartiers de l’Argonne et de La Source.

Le groupe socialistes, verts et apparentés s’inquiète toutefois du grand écart qui, pour le Grenelle de l’environnement comme pour Orléans, sépare trop souvent les paroles des actes. Il rappelle d’abord qu’après s’être longtemps opposés à la première ligne de tram quand ils étaient dans l’opposition, les membres de l’actuelle majorité municipale, une fois parvenus aux affaires, ont pris un retard considérable pour la réalisation de la seconde ligne, que les Orléanais attendent depuis maintenant 7 ans. L’équipe en place a ainsi multiplié les couteuses et longues études préliminaires, écarté la solution du site propre sur la totalité du parcours et, récemment, maximisé les difficultés de mise en œuvre de la seconde ligne en lui adjoignant le très contestable projet de réfection de la rue des Carmes. Il remarque ensuite l’absence de concertation dans le cadre de la convention ANRU à l’Argonne ainsi que pour la mise en place de la charte d’insertion.

Le groupe socialistes, verts et apparentés souligne également qu’Orléans est une ville où le tri sélectif n’est pas généralisé, où les commerçants du centre ne bénéficient pas du ramassage du verre et du carton, et où l’on fait faire 80 km aux déchets triés pour les recycler !

Quant au vélo, si l’opération Vélo + était souhaitable et nécessaire, sa mise en application concrète est loin de satisfaire aux critères d’une ville durable tels qu’ils sont énoncés par le ministère de M. Borloo. Le groupe socialistes, verts et apparentés dénonce en particulier un déficit criant de pistes cyclables, des stations qui suivent les arrêts du tram et surtout « l’oubli » de quartiers entiers de la ville, dont ceux qui sont précisément visités par le ministre : l’Argonne, les Blossières et la Source. Où est, dans cette stigmatisation de certains espaces urbains, « la démarche globale sur la ville durable » ? Où se situe la « politique de proximité » lorsque l’essentiel de l’animation culturelle est concentré en centre ville ? En quoi y-a-t-il développement durable lorsque les habitants de l’Argonne, par exemple, doivent prendre leur véhicule pour rencontrer les permanences des services sociaux à Coligny ? Quelle est la valeur ajoutée écologique d’une concentration massive des moyens et des investissements dans l’hyper centre ?

A l’heure des urgences globalisées, du réchauffement climatique et du renchérissement du prix des énergies fossiles, il n’est plus possible de se contenter de généreuses pétitions de principe ni d’opérations de cosmétique écologique. Ce ne sont pas de paroles dont nos concitoyens ont besoin, mais d’actes concrets à l’échelle de toute la ville. Or, à Orléans, c’est avant tout la communication municipale qui est durable.”

 

Mise à jour: La République du Centre de ce jour, 5 novembre 2008, revient sur la visite de J-L. Borloo, qu’elle met cette fois en perspective avec le sentiment de frustration des habitants de l’Argonne, qui se sentent complètement délaissés, et les nouveaux délais annoncés lundi pour la réalisation du tramway (pas avant 2013). A cette occasion, le journal fait état des prises de position du groupe Socialistes, verts et apparentés sur ces questions. Dont acte!

Avant hier, dans un post un peu désabusé, j’évoquais ma déception et mes doutes quant à la pertinence du travail réalisé en commissions, tel, du moins, qu’il m’avait jusque là été donné d’en faire l’expérience. Dès lors, en effet, que ces fameuses commissions thématiques ne se réunissent que 48h avant la tenue du conseil municipal sensé en avaliser les propositions, il m’apparaissait clair que le délai était très insuffisant pour permettre une prise en compte réelle des discussions, des objections, des observations et des corrections éventuelles formulées par les conseillers lors de ces réunions soi-disant préparatoires.

Par ailleurs, une actualité récente m’avait également incité à émettre certaines réserves quant à l’objet même du conseil municipal, entre chambre d’enregistrement et scène de théâtre, certes propice à l’expression d’un discours compassionnel mais peu approprié à un vrai travail collaboratif.

En dehors de collaborations ponctuelles, entre conseillers municipaux de bonne volonté (il y en a dans la majorité comme dans l’opposition), ce n’est pas structurellement au sein de la mairie, dans des lieux de convergences institutionnelles, mais à l’extérieur de la scène municipale que le travail d’opposant - car c’est un véritable travail - trouve, par conséquent, le mieux à s’exprimer. J’en veux pour preuve deux exemples récents.

Le premier concerne la video du conseil municipal, mise en ligne dans la semaine qui a suivi celui-ci et dont la qualité, remarquable, mérite d’être soulignée. Il s’agissait là de l’une des propositions portées par la liste menée par JP Sueur lors des dernières élections. Elle avait été mise en oeuvre, de manière officieuse, par l’excellent Christophe Desportes-Guilloux, qui, avec des moyens techniques réduits et une abnégation démocratique totale, avait consacré une grande partie de son temps et de son énergie à mettre en ligne les videos qu’il avait effectués lors des conseils tenus depuis plusieurs mois, en les ordonnant thématiquement. C’est cet exemple vertueux qui a finalement été suivi par la mairie, ce dont tous les démocrates ne peuvent que se féliciter. Le coût en est d’ailleurs relativement modeste au regard du profit généré en termes de transparence politique (puisque, comme le souligne Pierre Rosanvallon, nous sommes arrivés à l’âge de la suspicion démocratique).

Le second exemple concerne les activités périscolaires (pardon, les “ateliers éducatifs”, qui sont une sous-espèce de la catégorie “périscolaire”, j’espère que vous saisissez la nuance, elle est d’importance). Ces ateliers , donc, semblaient voués à une disparition aussi progressive qu’inéluctable, compte tenu d’un démarrage toujours plus tardif d’année en année. Ainsi, en 2008, rien n’était prévu avant le 1er décembre. Je m’étais émue de cette situation, alors que la mairie, toujours prompte à communiquer sur Ses Merveilleuses Réalisations, était restée étrangement muette. L’affaire touche pourtant des milliers de familles, dont certaines, très modestes, comptent sur ces activités pour proposer à leurs enfants une offre culturelle, sportive, technique et artistique qu’elles ne peuvent ordinairement pas leur payer . La République du Centre s’était fait l’écho de cette émotion légitime, dans un billet signé Anne Marie Coursimault, qui se finissait sur ces mots :”A force de rogner [sur ces activités] les parents vont grogner”. Lors du conseil municipal du 26 septembre dernier, l’adjointe en charge du dossier, Mme Maréchal, avec sa courtoisie habituelle, m’avait répondu que ces activités seraient échelonnées (selon un calendrier mystérieux) et commenceraient “en octobre”. La République du Centre, dans son édition du 15 octobre, nous fournit enfin plus de précisions:

1) 21% (oui, 21%) des ateliers commenceront avant les vacances de la Toussaint (entre le 1er octobre et le 20 octobre). Ne me demandez pas pourquoi c’est 21% et pas 22 ou 19,5%

2) 64% commenceront à la mi-novembre

3) 15% au premier décembre

Il parait que ces ouvertures décalées sont liées à une sectorisation géographique de la ville, dont l’article ne dit pas grand chose. On aimerait d’ailleurs en savoir plus sur ce point, ainsi que sur les critères appliquées pour décider de ces dates d’ouverture. Gageons que ce décalage dans les ouvertures tient aussi à la volonté, incontestable, de réaliser des économies (le budget consacré à ces actions n’est pourtant que de 110 000 euros, ce qui est ridiculement peu, rapporté aux moyens d’une ville comme Orléans).

Surtout, je reste convaincue que cet échelonnement (qui n’était pas prévu au départ) doit beaucoup au fait que, comme le dit la Rép “l’opposition municipale a, dès la mi-septembre, critiqué le retardement des ateliers éducatifs dans un communiqué de presse intitulé “où sont passées les activités périscolaires dans les écoles publiques d’Orléans?” Avouons, dusse notre modestie en souffrir (et elle en souffre), que la signataire de ces lignes avait été à l’origine de ce communique de presse furibard.

Ce qui prouve que l’opposition sert à quelque chose

Et comme le dirait Boris Vian,

“Ce qui prouve qu’en protestant,

Quand il est encore temps,

On peut finir

Par obtenir

Des ménagements!”

Une petite crise de nerfs électronique pour finir cette journée. Comme vous le savez peut être, j’ai l’honneur, en tant qu’élue de l’opposition municipale, de siéger dans une commission thématique. La mienne c’est “action économique, commerce, enseignement supérieur, recherche” (il faudrait que j’écrive un billet un de ces jours sur l’intitulé significatif de cette fameuse commission, mais là n’est pas mon propos du jour). Et bien, c’est sûr, j’ai tiré le gros lot (rien à voir avec l’hôtel du même nom, pourtant situé “Place de l’Etape”).

Au début, ma commission ne se réunissait guère (une fois en 6 mois). Sans doute faute de sujet à se mettre sous la dent (rien donc en matière d’action économique, rien en matière de commerce, rien en matière d’enseignement supérieur et juste deux subventions de quelques centaines d’euros chacune pour deux colloques, voilà pour la recherche).

Et là, depuis la rentrée, c’est la frénésie : deux réunions en un mois. La première a eu lieu le mardi 23 septembre, 3 jours avant le conseil municipal, alors que tous les sujets abordés figuraient déjà sur l’ordre du jour dudit conseil (reçu 4jours plus tôt) et qu’ils apparaissaient par conséquent peu susceptibles de discussions voire de modifications. J’en avais fait la remarque lors de cette rencontre et demandé (en termes fort civils) que la date en soit significativement avancée par rapport au jour prévu pour la tenue de l’assemblée municipale, ne serait-ce que pour nous donner l’illusion de servir à quelque chose.

La seconde commission n’a pas encore eu lieu, mais elle s’annonce dores et déjà très prometteuse. Par un courriel du 10 octobre dernier, j’apprends que la commisison d’action économique se tiendra le 21 octobre (donc 3 jours avant le conseil : ça doit être un délai à visée apotropaïque) à 18h00, salle Kristiansand. Bon, je râle un peu (rapport au délai), mais je note le RV sur mon agenda.Et je prends mes dispositions pour être disponible.

Ce matin (le 14 octobre, donc), nouvel email, envoyé à 10h00 : la réunion est décalée au 20 octobre, toujours à 18h00, mais en salle Dundee. Bon, je raye le permier RV, je note le second, toute contente : ça fait un jour de plus. Chic!

Et là, patatras : en fin d’après midi, nouveau courriel: à la demande de M. Foussier, la commission est déplacée au mercredi 22 octobre à 18h00 et revient en salle Kristiansand. Las! Cette fois, je ne peux plus suivre : la date est déjà réservée pour des activités professionnelles qui me retiendront à Paris jusqu’à une heure fort avancée de la soirée.

Je suis tout de même singulièrement étonnée par cette fébrilité calendaire. Quand je pense que c’est l’opposition muncipale qui est régulièrement taxée d’incompétence et d’inorganisation en conseil …. On croit rêver! Vous imaginez un cafouillage pareil? 3 dates différentes en une semaine!

Sur le fond, une question me taraude : à quoi peut bien servir la commission d’action économique qui se réunira, faut-il le souligner, 48 heures exactement avant le prochain conseil? A part à gonfler les flux d’échanges électroniques locaux et à faire des ratures sur les agendas des conseillers muncipaux? Sans compter que, se rendre disponible pour trois dates différentes avec juste une semaine de délai, lorsqu’on essaye d’avoir une action économique, qu’on fait de la recherche et qu’on travaille dans l’enseignement supérieur, c’est plutôt compliqué.

Ce n’est vraiment pas comme ça que le nouvel Orléans me sourit.

Vous le savez, comme le veut la tradition (à laquelle l’auteure de ces lignes est particulièrement attachée), “on ne commente pas une décision de justice”, surtout lorsqu’elle n’est pas définitive - et c’est le cas de celle qui va nous retenir, puisqu’elle est frappée d’appel.

Néanmoins, rien n’interdit de la lire et d’examiner avec soin la langue dans laquelle elle est rédigée.

Prenons un exemple au hasard. L’ordonnance de référé du 8 octobre 2008 rendue dans une affaire fameuse opposant un blogueur local au premier magistrat de la ville d’Orléans. Ayant eu ce texte sous les yeux, et en ayant rapidement parcouru les attendus, je dus constater avec surprise, et non sans une certaine tristesse, qu’il était rempli de fautes d’orthographe (exemples : p. 3: “cadre stricte” (deux fois); “des procédures qui ont consacrées”; p. 4 “au dela”; “n’auraient sans doute pas dépassés”; “des recherches longues et difficiles qui justifie les délais”, etc.)

Personnellement, je n’attache pas une importance démesurée aux fautes d’orthographe. Sinon, il y a belle lurette que j’aurais divorcé.

Toutefois, il me semble intéressant de faire ici quelques simples remarques de bon sens.

D’abord, convenons qu’il s’agit là de fautes grossières.

Ensuite, rapprochons ces lapsus calami d’un attendu formulé dans cette même ordonnance qui reprend fort opportunément l’un des arguments de l’assignation : “Attendu que Monsieur GROUARD précise dans son assignation que le contenu de ce blog le dénigrait en se présentant comme ses amis [je passe sur la syntaxe, ce n'est pas l'objet de ce billet] et en faisant des fautes d’orthographe et en tenant des propos particulièrement familiers cherchant manifestement à le dénigrer “.

Enfin, osons cette interrogation métaphysique : si les fautes d’orthographe sont un indice de dénigrement, comment interpréter celles de l’ordonnance de référé?

Comme diraient mes étudiants,  nous ne pouvons que nous “perdre en conjonctures”.

La soirée de vendredi est à marquer d’une pierre noire pour la démocratie municipale à Orléans. Au cours d’un conseil mémorable, nous avons vu en effet le premier magistrat de la ville évoquer, pendant plus d’une heure d’horloge, des actions judiciaires en cours d’instruction, tandis que l’un de ses adjoints se livrait à une série d’amalgames dont je ne parviens pas à m’expliquer l’enchainement. Par delà l’anecdote, ce long et pénible déballage judiciaro compassionnel constitue un évènement extrêmement grave. Grave d’abord pour le fonctionnement de la vie municipale, totalement éclipsée, au profit d’affaires personnelles dont l’enceinte du conseil n’ avait pas à connaitre, alors que pas moins de 86 points figuraient à l’ordre du jour de la réunion de vendredi soir. Grave aussi et surtout pour la qualité et l’existence même d’un débat démocratique, puisque les adversaires politiques y sont présentés, à mots couverts, comme les possibles complices de délinquants. Comment ne pas se sentir nauséeux devant de tels mélanges ?

Pour plus de clarté, essayons de reprendre les choses une par une.

Rappelons, en premier lieu que ce que l’on n’ose appeler un “débat” s’est tenu en dehors de tout point à l’ordre du jour, du fait de la seule volonté du maire. L’une des conséquences de cette manière de faire, c’est que l’opposition, qui n’a pas de dossiers à se mettre sous la dent (et pour cause!), s’est trouvée sommée de se prononcer tout à trac, sans préparation ni réflexion prélable.

Indiquons en second lieu que le maire d’Orléans a cru bon de faire état d’une affaire en cours pour laquelle, de son aveu même, il agit en tant que personne privée. A ce point de mon exposé, je tiens à indiquer qu’il est parfaitement légitime qu’un citoyen, s’estimant attaqué dans sa dignité, saisisse les tribunaux  pour obtenir réparation. Etant moi même assez chatouilleuse sur le point d’honneur, non seulement je ne trouve rien à redire à cette attitude, mais je pense même qu’elle peut avoir une vertu de clarification. Ce qui est infiniment moins légitime, en revanche, c’est la publicité donnée à cette affaire, qui, faut-il le rappeler une nouvelle fois, n’a pas encore été jugée. Prendre le conseil municipal pour un prétoire, c’est mélanger les genres de fort mauvaise manière. Les élus ne sont pas des juges. L’autorité judiciaire, dans ce pays, est indépendante, et composée de magistrats professionnels. Il ne s’agit donc pas, sauf exceptions remarquables (haute cour de justice…) de confondre représentation politique et pouvoir de sanction. D’autre part, la procédure, en droit français, obéit à un certain nombre de règles dont le principe du contradictoire, qui n’a manifestement pas été respectée ici puisque M. Grouard était le seul à s’exprimer sur son cas. Aucun moyen n’a été produit en défense, d’abord parce que le principal intéressé n’était pas convié; ensuite et surtout parce que c’est à la justice, et non au conseil municipal, d’entendre les arguments et de trancher le litige. Or, jusqu’à ce que le tribunal se soit prononcé, les affirmations de M. Grouard ne sont que les allégations d’un plaignant. Elles reflètent son point de vue. Elles ne constituent pas la vérité judiciairement constatée.

Enfin, je m’étonne, pour ne pas dire plus, du fait que l’un des élus de la majorité, le sire Blanluet, ait fait état d’éléments matériels extrêmement précis relatifs à l’affaire en question, témoignant de ce simple fait qu’une large publicité avait été donnée, au moins au sein des rangs de la majorité, sur un dossier dont il n’appartient en principe qu’au juge de connaître. En termes de respect du droit et de la procédure, il y a mieux, à telle enseigne que je me demande si l’on ne pourrait pas soulever là un motif d’annulation.

Je souhaite également revenir sur la prise de parole de M. Montillot, intervenue vers la fin de “l’échange”.

1) M. Montillot nous a parlé d’une affaire effectivement très choquante, où, si j’ai bien compris, n’ayant eu connaissance de la chose qu’en conseil, une personne, sur un site, aurait reproduit des documents falsifiés de la ville d’Orléans (un arrêté municipal) en les attribuant à M. Montillot. Si ces faits sont avérés, il s’agit là  d’une affaire de la plus extrême gravité, puisque la crédibilité même des documents produits par l’exécutif municipal se trouve atteinte. Il est d’ailleurs surprenant que dans cette affaire M. Montillot agisse seul : c’est typiquement un cas où le maire devrait intenter l’action au nom de la défense des intérêts de notre ville. Pourquoi ne le fait-il pas?

2) Ensuite, il est question d’une mise en cause injurieuse des enfants de M. Montillot dans un cadre que je n’ai pas saisi. S’agit-il du même site? Quel est le rapport avec la première affaire? A-t-on affaire à une nouvelle plainte? Est-ce la même? Est-il nécessaire de dire que l’opposition municipale apporte son plus complet soutien à M. Montillot si ces enfants sont mis en cause, sur quelque média que ce soit, internet, tract, journaux? Le combat politique est une chose. L’abjection en est une autre.  Les membres de l’opposition sont aussi des personnes privées qui ont une famille, des enfants, des parents, et ils entendent bien qu’une nette différence soit faite entre privé et public. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour laquelle le débat de vendredi était profondément contreproductif: précisément parce qu’il mêlait le privé et le public.

3) Après le discours de M. Montillot est passé aux prédateurs sur internet. Et là je ne comprends plus : quelle relation entre la falsification des documents municipaux et le racolage pédophile? Pourquoi M. Montillot m’a-t-il regardé avec insistance en développant son argumentation? N’y a t-il pas eu dérapage? Bien sûr que je condamne, que nous condamnons, la pédophilie. Nous condamnons aussi, de manière générale, le terrorisme international, les séquestrations des FARCs, la faim dans le monde, le réchauffement climatique. Mais était-ce bien le sujet? Jugeait-on une affaire depédophilie? Que valent ces amalgames? Qui met on en accusation? Qui dénonce-ton? Que cherche-t-on à faire croire? A quoi riment ces glissements de la falsification d’actes administratifs aux injures contre les enfants, des injures contre les enfants à la pédophilie?

M. Grouard, dans sa plaidoirie, a beaucoup parlé de démocratie. Elle n’est pas sortie grandie du débat de vendredi soir, débat qu’il a pris lui même la responsabilité d’introduire et de mener, au risque de la plus extrême confusion.

Aux dernières nouvelles, le maire d’Orléans refuse de rencontrer l’opposition municipale, (qui en a fait la demande répétée depuis 6 mois) en raison des “affaires en cours”. Je rappelle que l’opposition n’est pas partie à ces procédures. Quel triste et sordide mélange du judiciaire et du politique!

Chère ville d’Orléans, tu vaux mieux que cela.

le bouffon du roi

En d’autres époques, que l’on dépeint à juste titre comme non démocratiques, les fous et les bouffons promenaient leurs grelots et leurs marottes à la cour, se moquant des travers des puissants, ricanant des défauts des princes, accablant les courtisans pleins de morgue des piques de leurs épigrammes. Les rois, victimes eux mêmes de ces incessants sarcasmes, subissaient cette incessante ironie comme le revers nécessaire de leur propre fortune. Les pires tyrans - jusqu’au cruel Attila, s’amusaient des bons mots de leurs pitres domestiques, conscients que l’impertinence de leurs propos etait la contrepartie nécessaire de la toute puissance.

Au XVIè siècle encore, Erasme de Rotterdam (qui fut, en son temps, étudiant à Orléans), écrivait, dans son Éloge de la folie, XXXVI : « Les plus grands rois goûtent si fort [les bouffons] que plus d’un, sans eux, ne saurait se mettre à table ou faire un pas, ni se passer d’eux pendant une heure. Ils prisent les fous plus que les sages austères, qu’ils ont l’habitude d’entretenir par ostentation… les bouffons, eux, procurent ce que les princes recherchent partout et à tout prix : l’amusement, le sourire, l’éclat de rire, le plaisir. »

Aujourd’hui, nous sommes en démocratie, et jouissons théoriquement de la plus large liberté de parole, de pensée, d’expression. Pourtant, alors que les rois sont morts et les bouffons enterrés, il semble que l’on ne puisse plus rire de rien. Ni de Dieu, ni de la mort, ni de la vie, ni, surtout, du pouvoir.  Le temps est au politiquement correct. Au sérieux compassé. A la révérence prudente. Surtout ne pas déplaire, surtout ne pas sourire, surtout ne pas moquer.

Fansolo, sale gosse sympathique, adolescent en résidence prolongée, gamin farceur toujours prêt à raconter une bêtise pour faire marrer les copains, en fait l’amère expérience. En une époque déjà lointaine de pré campagne électorale, il avait ouvert un blog dénommé “Les amis de Serge Grouard”. Ce blog fonctionna d’octobre 2007 au début de mars 2008, comporta une vingtaine d’articles et fut lu par 122 lecteurs. Le ton en  était tellement parodique, qu’aucune confusion n’était possible. Aujourd’hui, Fansolo est trainé en justice - ce qui est déjà disproportionné compte tenu de l’impact très limité de sa potacherie blogosphérique. Surtout, son nom est cité, à plusieurs reprises, dans une conférence de presse initiée par le maire d’Orléans.

D’où ces questions :  sur quel registre se situe-t-on là? Sur le registre privé, celui d’un citoyen s’estimant blessé qui cherche à réparer son honneur, et qui s’en remet à la justice rendue au nom du peuple français? Ou sur le registre public de l’homme politique qui convie les journalistes à assister à un coup médiatique? Que gagne la justice à une telle médiatisation? Que gagne le citoyen Grouard à étaler ainsi ses griefs? Quel prix excessif ne fait-on pas immédiatement payer à Fansolo en citant son nom à longueur de média? Qui dira les conséquences sociales, personnelles, de cet acharnement? Y-a-t-il égalité des parties entre un maire qui use d’une tribune de presse et un simple blogueur citoyen?  

Alors oui, je crois en la justice de mon pays. Et je pense que dans cette triste affaire, justice sera rendue, et bien rendue. Mais pour ce qui concerne les moeurs du monde politique, permettez moi d’avoir des doutes.

Pour ceux qui ne l’auraient pas vu, voici la reproduction d’un article publié ce mercredi 24 septembre dans la République du Centre. Il rend compte d’une pétition lancée par les élus du groupe socialistes, verts et apparentés dans le but d’obtenir l’implantation prochaine de station Vélo + à La Source. Cette action est née d’un constat et d’une incompréhension. Le constat tient à l’absence totale de desserte du quartier de La Source par le dispositif Vélo +. L’incompréhension tient au fait qu’il s’agit là d’une zone urbaine qui, par sa configuration matérielle, sa population, ses implantations universitaires, scolaires, commerciales, et la polyvalence de ses activités se prête particulièrement à l’utilisation du vélo.

Enfin, le lancement de cette action correspondait à la fin de la semaine européenne de la mobilité, dont l’objet consistait à promouvoir des modes alternatifs et surtout écologiques de déplacement. Gageons que l’engagement écologique de nos élus devrait lui permettre d’aboutir rapidement.

Il est temps que velo+ arrive à La Source, La République du Centre du 24/09/2008

Aujourd’hui était un grand jour pour moi. Après 6 mois comme conseillère municipale sonnait enfin l’heure tant attendue de ma première commission thématique. Pour les non initiés (j’ai peur qu’il y en ait parmi mes lecteurs, enfin, ceux qui n’appartiennent pas au cabinet du maire), pour les non initiés, disais-je, les commissions dites « thématiques » sont des instances composées d’élus municipaux (de la majorité et de l’opposition) et de membres des services de la ville. Leur but est de préparer les délibérations du conseil municipal par un examen préalable et contradictoire des dossiers. Ces fameux dossiers (composés tantôt de quelques simples feuillets, et tantôt de liasses impressionnantes de documents techniques, de conventions, de préconisations, etc.) sont réunis par les services techniques de la ville. Etudiés et débattus par les conseillers municipaux, ils peuvent faire l’objet d’amendements, de compléments ou de corrections de façon à baliser au mieux la réflexion et le vote du conseil, seul habilité juridiquement à prendre des décisions. En clair, en aval du travail technique de montage des dossiers mais en amont des discussions et des votes du conseil municipal, les commissions sont un lieu de réflexion, de concertation et d’échange où se joue quelque chose de l’avenir de la ville.

J’étais donc toute contente. D’autant que j’avais drôlement attendu pour pouvoir exercer cette petite parcelle de responsabilité nouvelle. Ma commission, en effet, avait déjà été annulée une fois et reportée une fois. C’est tout naturel : elle porte sur des sujets peu importants : « l’action économique, le commerce, l’enseignement supérieur et la recherche ». De la gnognotte, donc. Malgré ces petits problèmes de rodage, bien compréhensibles, pour une équipe municipale sans doute jeune et encore peu expérimentée (7 ans aux affaires, finalement, ça passe très vite), la tenue de cette réunion ne s’en annonçait pas moins prometteuse. Voire exaltante.

Autant vous dire que j’ai été déçue.

D’abord, sur 9 élus membres seuls 4 étaient présents (dont les deux de l’opposition). Heureusement qu’il n’y avait pas de quorum.

Ensuite, en fait de travail, la commission a essentiellement consisté à avaliser la distribution de subventions. C’est un peu l’école des fans. C’est chouette, on a l’impression d’être le père Noël. Si c’est ça l’action économique, j’adôôôre !

En outre, les documents n’étaient pas distribués en amont : on arrive, et on découvre les dossiers. On a donc 5 minutes pour en prendre connaissance et réagir. Cela serait tellement plus pratique d’avoir les informations en amont (la transmission de l’information est un vrai problème à la mairie d’Orléans).

Enfin, petite remarque incidente, j’ai des doutes affreux sur la pertinence d’une commission qui se tient 3 jours avant un conseil municipal : toutes les subventions qu’on nous a présentées figurent en effet déjà à l’ordre du jour et dans la note de synthèse qui nous ont été remis dès vendredi dernier.

A part ça l’ambiance était sympa. C’est sans doute l’essentiel.

Quand je pense qu’on m’avait dit que « tout se passe en commission »… Quelle bonne blague !

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